LMNP 2027 : ce que prévoit le projet de loi de finances
Déposé début octobre 2026, le projet de loi de finances (PLF) pour 2027 comporte une mesure qui intéresse directement les loueurs en meublé : un plafonnement de l'amortissement pour ceux qui relèvent du régime réel. Le texte n'est pas voté et peut encore évoluer. Cet article présente ce qui est proposé, les loueurs visés, un exemple chiffré et les prochaines étapes.

L'article 7 du PLF 2027 propose, dans sa version initiale, de plafonner l'amortissement des LMNP au régime réel à 2,5 % de la valeur amortissable, dans la limite de 7 000 € par an et par foyer fiscal.
Pour les meublés de tourisme, le taux serait de 1,5 % et le plafond de 5 000 € par an et par foyer fiscal.
Le report des amortissements non déduits serait supprimé pour l'avenir, avec un régime transitoire pour les amortissements déjà reportés.
Les loueurs au micro-BIC et les loueurs en meublé professionnels ne sont pas visés par la version initiale.
Aucune mesure n'est applicable à ce jour : la version finale peut différer sensiblement.
Rien n'est voté à ce stade.
Le texte doit être examiné par l'Assemblée nationale puis par le Sénat, et il peut être modifié, voire amputé de certaines mesures, au cours des débats. Cet article sera mis à jour à chaque étape importante.
Ce que propose l'article 7 du PLF 2027
Le texte initial contient deux volets.
Une limite à l'amortissement déductible
Situation | Limite annuelle | Plafond par foyer fiscal |
|---|---|---|
LMNP au régime réel | 2,5 % de la valeur amortissable | 7 000 € par an |
Meublé de tourisme | 1,5 % de la valeur amortissable | 5 000 € par an |
Le texte initial ne fait pas de différence entre meublés de tourisme classés et non classés.
La fin du report des amortissements non utilisés
Aujourd'hui, un amortissement qui ne peut pas être déduit une année, faute de résultat suffisant, est reporté sur les années suivantes. Le projet prévoit de mettre fin à ce mécanisme à partir de 2027.
Pour les activités déjà en cours, les amortissements reportés avant 2027 pourraient encore être imputés jusqu'au 31 décembre 2036, à hauteur de la moitié au plus du résultat imposable de chaque année.
Quels loueurs seraient concernés ?
Les mesures proposées visent les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) qui ont opté pour le régime réel.
Ne seraient pas concernés, d'après la version initiale :
les loueurs au micro-BIC, qui n'amortissent pas leur bien, l'abattement forfaitaire en tenant lieu ;
les loueurs en meublé professionnels (LMP), le texte ne visant que les LMNP ;
les loueurs exerçant en résidence étudiante, résidence pour seniors, EHPAD ou autre établissement médico-social ou de services spécialisé, qui seraient exclus du dispositif.
Un exemple chiffré, avec des hypothèses simples
Prenons un appartement acheté 300 000 €, dont 15 % correspondent au terrain, non amortissable. La base amortissable est donc de 255 000 €. Supposons que le loueur déduise aujourd'hui environ 8 000 € d'amortissement par an, ce qui est une hypothèse, le calcul réel dépendant des composants et des durées retenus.
Avec la limite proposée, l'amortissement déductible serait de 2,5 % de 255 000 €, soit environ 6 375 € par an (le plafond de 7 000 € ne serait atteint qu'à partir d'une base amortissable d'environ 280 000 €). Il manquerait donc environ 1 625 € d'amortissement par an.
L'effet dépend ensuite des loyers et des charges :
Cas 1, résultat avant amortissement de 14 000 € (par exemple 18 000 € de loyers et 4 000 € de charges). Le résultat imposable passerait de 6 000 € à environ 7 625 €. Avec un taux marginal d'imposition de 30 % et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 48,6 % au total, la hausse serait d'environ 790 € par an.
Cas 2, résultat avant amortissement de 5 000 €. L'impôt resterait nul dans les deux cas. En revanche, la part d'amortissement non utilisée ne serait plus reportable.
Ces chiffres sont des illustrations. L'impact réel dépend de la situation de chaque foyer, de ses charges, de son taux d'imposition et de ses autres revenus.
Où en est le calendrier ?
Après son dépôt début octobre 2026, le projet doit passer en commission des finances, puis en séance publique à l'Assemblée nationale, et enfin au Sénat. Une commission mixte paritaire peut ensuite intervenir. L'adoption définitive est en principe attendue avant la fin de l'année, mais ce calendrier peut évoluer.
Si la mesure était adoptée en l'état, elle s'appliquerait à compter du 1er janvier 2027.
Comment aborder cette proposition ?
Une version initiale d'un projet de loi de finances est rarement la version définitive. Des mesures sont modifiées, atténuées ou abandonnées en cours de route, et des propositions de plafonnement ou de suppression de l'amortissement en location meublée ont déjà été rejetées lors de précédentes discussions budgétaires.
Quelques repères à ce stade :
attendre le texte définitif avant de prendre une décision patrimoniale ;
continuer à tenir une comptabilité à jour et à suivre l'actualité fiscale ;
demander l'avis d'un professionnel si votre situation est particulière.
Ce qui est déjà en vigueur
La réintégration des amortissements dans la plus-value de cession, issue de la loi de finances 2025, pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025. Des abattements pour durée de détention en atténuent l'effet.
La loi Le Meur pour les meublés de tourisme au micro-BIC : abattement de 50 % pour les meublés classés et de 30 % pour les non classés. En 2027, les plafonds de recettes sont de 83 600 € pour les meublés classés et de 15 000 € pour les non classés. Les communes disposent par ailleurs de pouvoirs accrus pour encadrer ces locations.
Le calendrier de performance énergétique : location interdite pour les logements classés G depuis le 1er janvier 2025, et pour les logements classés F à compter du 1er janvier 2028, sous réserve d'évolutions.
Pour aller plus loin
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Questions fréquentes
Ces règles s'appliquent-elles dès maintenant ?
Non. Il s'agit d'une proposition figurant dans un projet de loi qui n'a pas encore été voté.
Le micro-BIC est-il concerné par le PLF 2027 ?
La version initiale du projet ne vise pas le micro-BIC, qui ne repose pas sur l'amortissement.
Le régime réel est-il remis en cause ?
Le projet ne supprime pas le régime réel : il limiterait l'amortissement déductible. Cette version peut évoluer au fil des débats parlementaires.
Les loueurs en meublé professionnels sont-ils concernés ?
D'après la version initiale, la mesure vise les loueurs en meublé non professionnels.
Faut-il vendre son bien avant 2027 à cause de la réintégration des amortissements ?
La réintégration des amortissements dans la plus-value s'applique déjà depuis février 2025. Des exonérations et des abattements pour durée de détention existent et peuvent en atténuer l'effet. Une décision de vente dépend de chaque situation et mérite un avis professionnel.
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