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6 nov. 2025
LMNP 2026 : Que prévoit la loi de finances ?
Retrouvez les dernières informations concernant la réforme du LMNP 2026

L'approche de 2026 suscite de nombreuses interrogations parmi les propriétaires qui exercent une activité locative meublée. Entre les débats parlementaires en cours et les réformes envisagées, le paysage fiscal et réglementaire continue d'évoluer, nécessitant une vigilance accrue de la part des investisseurs actuels et futurs.
L'actualité brûlante du projet de loi de finances 2026
Le parcours législatif du projet de loi de finances pour 2026 connaît des rebondissements significatifs. Fin octobre 2025, un amendement controversé proposant l'élimination des amortissements dans le cadre du régime réel avait été introduit par la commission des finances. Cependant, le rejet global du PLF 2026 par cette même commission a écarté temporairement cette mesure du débat parlementaire. L'Assemblée nationale examine actuellement diverses propositions d'amendements, créant une situation mouvante qui requiert une attention particulière de la part des propriétaires-bailleurs.
Cette période d'incertitude législative souligne l'importance cruciale pour les investisseurs d'évaluer régulièrement l'optimisation fiscale de leur activité. L'utilisation d'outils de simulation devient particulièrement pertinente pour anticiper les impacts potentiels des changements réglementaires sur la rentabilité de leurs investissements.
L'émergence d'un cadre juridique unifié pour les propriétaires-bailleurs
Un développement majeur de l'année 2025 concerne l'élaboration d'un rapport proposant l'instauration d'un cadre juridique harmonisé pour les propriétaires-bailleurs. Bien que les recommandations de ce document n'aient pas été intégrées dans la version initiale du PLF 2026, plusieurs amendements gouvernementaux et parlementaires cherchent à en reprendre certains éléments pour stimuler l'investissement locatif.
Les propositions phares de ce rapport méritent une attention particulière. L'introduction d'un système d'amortissement standardisé représenterait une transformation fondamentale. Pour les constructions récentes, un taux de 5% de la valeur immobilière (hors foncier) serait applicable sur deux décennies, correspondant à 4% de la valeur globale. Concernant l'immobilier ancien, le taux serait fixé à 4% sur vingt-cinq ans, soit 3,2% de la valeur totale, sous condition de travaux substantiels représentant au minimum 15% de la valeur du bien.
Il est essentiel de noter que ces dispositions ne concerneraient que les transactions effectuées après décembre 2025, préservant ainsi les situations existantes. Cette approche progressive vise à encourager les nouveaux investissements tout en protégeant les intérêts des propriétaires actuels.
Les ajustements substantiels envisagés pour optimiser l'attractivité locative
Plusieurs mesures complémentaires sont envisagées pour dynamiser le marché locatif. La revalorisation de l'abattement forfaitaire en location nue représente un changement notable, avec un passage potentiel de 30% à 50%. Cette modification rapprocherait significativement les avantages fiscaux entre location nue et meublée.
Un système innovant de bonifications est également proposé pour encourager la modération des loyers. Selon le niveau de loyer pratiqué, des avantages supplémentaires pourraient s'appliquer : des taux d'amortissement additionnels variant entre 0,5% et 1,5%, ou des abattements complémentaires oscillant entre 5% et 15%. Cette approche incitative vise à concilier rentabilité pour les investisseurs et accessibilité pour les locataires.
La capacité de report des déficits en location nue pourrait connaître une expansion spectaculaire, passant de 10 700 euros (ou 21 400 euros dans certaines configurations) à 40 000 euros. Cette évolution rapprocherait le traitement fiscal de la location nue de celui de la location meublée, où les déficits sont reportables sur les exercices ultérieurs.
L'évolution du régime micro-BIC : stabilisation après les ajustements récents
Après les modifications substantielles apportées par les lois de finances 2024 et 2025, le régime micro-BIC semble entrer dans une phase de stabilisation pour 2026. Les paramètres actuellement en vigueur depuis début 2025 maintiennent une distinction claire entre les différentes formes de location.
Pour la location de longue durée, l'abattement reste fixé à 50% avec un seuil de revenus maximum de 77 700 euros. La location saisonnière non classée subit un traitement moins favorable avec seulement 30% d'abattement et un plafond limité à 15 000 euros. Les hébergements touristiques classés conservent leurs avantages avec 50% d'abattement et le plafond standard de 77 700 euros.
Ces modifications, bien qu'effectives depuis janvier 2025, ne produiront leurs effets fiscaux qu'au printemps 2026, lors des déclarations de revenus 2025. Les propriétaires approchant des seuils doivent anticiper un éventuel basculement vers le régime réel et ses implications administratives et comptables.
Le régime réel : préservation des avantages malgré les ajustements
Le régime réel maintient son attractivité malgré les modifications introduites en 2025 concernant la réintégration des amortissements lors du calcul des plus-values. Cette évolution, largement commentée, nécessite une mise en perspective pour en apprécier l'impact réel.
Les mécanismes d'atténuation demeurent nombreux et efficaces. L'exonération progressive liée à la durée de détention continue de s'appliquer, aboutissant à une exemption totale de l'impôt sur les plus-values après 22 ans et des prélèvements sociaux après 30 ans. Ces horizons temporels correspondent généralement aux stratégies d'investissement à long terme privilégiées en immobilier locatif.
Par ailleurs, plusieurs situations permettent d'échapper à cette taxation : les transmissions à titre gratuit (donations et successions), la transformation en résidence principale avant cession, ou encore la vente destinée à financer l'acquisition de sa résidence principale. Ces exceptions préservent la flexibilité patrimoniale des investisseurs.
L'adaptation du cadre réglementaire aux enjeux territoriaux
L'année 2025 a marqué un tournant avec l'adoption de la loi Le Meur, conférant aux municipalités des outils renforcés pour réguler l'offre touristique. Les maires disposent désormais de prérogatives étendues : établissement de quotas, délimitation de zones réservées à l'habitat permanent, réduction de la durée maximale de location saisonnière de 120 à 90 jours pour les résidences principales.
Ces dispositifs, appliqués de manière différenciée selon les territoires, créent une mosaïque réglementaire nécessitant une veille constante. Les communes peuvent adopter ces mesures progressivement, certaines ayant déjà franchi le pas en 2025, d'autres pouvant suivre en 2026.
Concernant la location longue durée, l'expérimentation de l'encadrement des loyers dans les zones tendues devait théoriquement s'achever en 2026. Néanmoins, plusieurs collectivités ont d'ores et déjà manifesté leur intention de pérenniser ce dispositif, ajoutant une dimension supplémentaire à surveiller pour les investisseurs.
La modernisation des procédures administratives
Une évolution technique mais importante interviendra en 2026 avec l'harmonisation nationale des procédures de déclaration des meublés touristiques. La création d'une plateforme unique de télédéclaration, opérationnelle au plus tard le 20 mai 2026, simplifiera les démarches administratives tout en renforçant le contrôle de l'offre locative touristique.
Cette centralisation représente une avancée significative face à la disparité actuelle des procédures selon les localités et les types de biens. Les propriétaires devront s'adapter à ce nouveau système, mais bénéficieront d'une interface unifiée et potentiellement plus efficace.
La pérennité du statut LMNP : entre rumeurs et réalité
Malgré les spéculations récurrentes, aucun élément concret ne laisse présager une remise en cause fondamentale du statut de loueur en meublé non professionnel en 2026. Les critères de qualification restent inchangés : revenus locatifs annuels inférieurs à 23 000 euros ou revenus d'activité supérieurs aux recettes locatives.
La distinction entre régimes fiscaux de la location nue et meublée pourrait s'atténuer si certaines propositions aboutissent, mais la location meublée conservera des atouts structurels indéniables. La diversité des formules locatives disponibles (bail classique, mobilité, étudiant, saisonnier) constitue un avantage concurrentiel durable face à la rigidité de la location nue traditionnelle.
Les obligations déclaratives et fiscales : maintenir le cap en 2026
Au-delà des évolutions législatives, les propriétaires-bailleurs doivent maintenir leur vigilance sur leurs obligations récurrentes. Les contribuables relevant du régime réel devront continuer à produire leur documentation fiscale complète dans les délais impartis de mai 2026, préalablement à leur déclaration de revenus.
Le calendrier fiscal automnal reste également d'actualité avec les échéances habituelles de cotisation foncière des entreprises et de taxe d'habitation pour les locations meublées. Ces obligations pérennes nécessitent une organisation rigoureuse et une anticipation des flux de trésorerie, particulièrement dans un contexte d'évolution réglementaire.
La période actuelle représente un moment charnière pour l'investissement locatif meublé. Entre les débats parlementaires en cours, les propositions de réforme et les ajustements réglementaires progressifs, les propriétaires doivent faire preuve d'adaptabilité et de proactivité. L'accompagnement par des professionnels spécialisés devient plus que jamais pertinent pour naviguer dans cette complexité et optimiser sa stratégie d'investissement. L'année 2026 s'annonce comme une période de consolidation plutôt que de bouleversement radical, offrant aux investisseurs avertis l'opportunité de tirer parti d'un cadre fiscal qui, malgré ses évolutions, conserve des atouts significatifs pour la constitution et la gestion d'un patrimoine immobilier locatif.



